OpenGIS4ET : la transition énergétique enfin cartographiée

Et si une carte interactive permettait facilement de visualiser les sources d’énergies disponibles afin de mieux planifier les futures installations nécessaires ? C’est le défi auquel répond le projet européen Open GIS4ET, coordonné depuis Sierre par l’équipe du Prof. David Wannier. Nous nous trouvons à un carrefour qui nous pousse à abandonner les énergies fossiles pour les renouvelables ; toutefois, pour réaliser cette transition des outils précis et géoréférencés sont indispensables. Ainsi l’Energy Application and System Integration Lab du Prof. David Wannier a déployé, au fil des ans, une véritable expertise en la matière. L’équipe de recherche de l’institut informatique travaille à l’élaboration d’un outil de planification énergétique géoréférencé. Une plateforme ouverte et gratuite est ainsi mise à disposition des centres de recherche, des étudiantes et étudiants en énergétique et de toutes les personnes ayant la charge de la gestion de l’énergie dans les administrations publiques et les bureaux d’ingénierie.

Pourquoi développer un outil incluant le géoréférencement ? Parce qu’il est indispensable de pouvoir planifier les besoins par hectare, ainsi que les ressources à disposition dans une zone donnée. La plateforme mise en place récupère l’ensemble des données d’un pays et offre une vue dans le détail des ressources en énergies renouvelables, en récupération de chaleur de l’industrie et même en énergie nucléaire ou fossile, mettant en exergue les systèmes de production locaux tels que les chauffages à distance, le réseau électrique ou les pompes à chaleur. Le système pensé et créé durant huit ans de projets européens à l’institut informatique simule la rentabilité économique du chauffage à distance, combine le potentiel photovoltaïque des toitures avec le besoin local en électricité à une heure donnée. Ceci permet de vérifier en amont s’il est possible en un lieu précis d’augmenter l’électrification des flottes de véhicules et de vérifier la courbe de charge, soit le besoin en électricité pour charger les véhicules heure par heure. Cette information est déterminante pour connaître le besoin en énergie renouvelable d’une zone où de nombreux véhicules électriques seraient en circulation. En effet, la puissance de charge des véhicules électrique est en forte augmentation à 19h00 lorsque les gens rentrent chez eux. Il est possible, grâce à la plateforme, de simuler un scénario ou des bornes de recharge seraient installées par une entreprise ou une collectivité publique et permettraient de faire baisser la consommation en fin de journée pour l’étaler sur une journée lorsque le soleil est présent pour alimenter des panneaux solaires.

La Suisse participe à ce projet européen qui s’élabore en partenariat avec l’Allemagne, l’Autriche et le Danemark. Les problématiques sont les mêmes sur tout le continent avec, évidemment, des différences significatives en termes de production électrique renouvelable ou d’électrification des véhicules. La plateforme géoréférencée prend ici tout son sens et s’adapte aux réalités de terrain. De plus, l’outil développé ne s’adresse pas à des personnes ayant des connaissances pointues en systèmes d’information géoréférencés ou qui posséderaient des ordinateurs avec d’immenses capacités de calcul. Il a été pensé pour être rapide et simple d’utilisation afin que chaque personne qui étudie les systèmes énergétiques ou qui doit traiter ce type de dossier dans une petite ville, une petite commune ou une PME puisse l’utiliser pour proposer du smart charging (chargement intelligent de véhicule électrique) à sa communauté. Le volet électrique de la plateforme est en cours de développement et devrait répondre à la question cruciale de résilience du réseau électrique dans le cas d’un possible blackout énergétique. Le cas d’usage étudié en Suisse propose de gérer différents micro-réseaux (réseaux intelligents et locaux) qui pourraient se coupler à d’autres micro-réseaux et former un mini-réseau indépendant activable en cas de blackout. L’idée serait de redémarrer ce mini-réseau isolé du réseau principal grâce à la production photovoltaïque locale et qui pourrait fournir de l’électricité durant une semaine. La résilience de ces mini-réseaux est améliorée grâce au couplage de multiples micro-réseaux, car la production locale peut être stockée dans des batteries ou des véhicules électriques équipés de batteries bidirectionnelles. En Autriche, le cas d’usage optimise l’utilisation du chauffage et du refroidissement à distance alors qu’au Danemark, le couplage multiénergie est étudié pour utiliser les résidus de chaleur industrielle dans le système de chauffage à distance.

Les résultats sont d’ores et déjà très probants ; la plateforme fonctionne parfaitement et a été validée par les partenaires du projet qui l’ont fait tester par des étudiantes et étudiants en énergétique lors d’une summer school. Le travail des énergéticiennes et énergéticiens est grandement facilité et allégé, car plutôt que de compiler des données hétérogènes, ils et elles peuvent accéder à un outil qui le fait à leur place. Ainsi, ils et elles peuvent se concentrer sur leur cœur de métier, à savoir proposer des solutions concrètes à la transition énergétique et mettre en œuvre ces solutions au niveau des communes ou des entreprises. Les partenaires de recherche de l’institut informatique voient d’ailleurs le potentiel immense de cet outil dont le développement de l’architecture logicielle développée par les diplômés et diplômées de la filière informatique de gestion de la HES-SO Valais-Wallis à Sierre est soutenu dans le projet européen par l’EPFL, l’Université d’Aalborg au Danemark et l’Université Technique de Vienne.

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