Catastrophes naturelles : quand les secours s’arrêtent, l’accompagnement continue

Les inondations de 2024 dans la région sierroise l'ont rappelé : lorsque les opérations de secours prennent fin, les difficultés des personnes sinistrées sont loin d'être terminées. Retrouver un logement, effectuer des démarches administratives, obtenir un soutien psychologique ou accéder à des aides financières : autant de défis qui nécessitent une collaboration étroite entre de nombreux professionnels et professionnelles. Comment mieux coordonner ces interventions avant, pendant et après une crise ? C'est l'une des questions centrales de la Journée du travail social, organisée le 29 octobre à Sierre par la Haute Ecole et Ecole Supérieure de Travail Social (HESTS) de la HES-SO Valais-Wallis.

Lorsqu’une catastrophe survient, les premières heures sont consacrées à sauver des vies, sécuriser les lieux et protéger la population. Mais une fois l’urgence immédiate passée, une autre forme d’intervention commence, souvent moins visible et pourtant essentielle : celle de l’accompagnement humain et social.

Les inondations de juin 2024 à Sierre et Chippis en ont offert une illustration concrète. Au-delà des dégâts matériels, les personnes touchées ont dû faire face à de nombreuses difficultés pour retrouver une vie quotidienne stable. Services sociaux, professionnels et professionnelles de la santé, collectivités publiques et organismes d’entraide ont été appelés à intervenir, chacun avec ses compétences et ses responsabilités.

Ces situations mettent en évidence un enjeu majeur : comment faire travailler ensemble les différents acteurs et actrices pour apporter une réponse cohérente aux besoins de la population, même longtemps après la catastrophe ?

Qu’il s’agisse de catastrophes naturelles, de crises majeures ou d’interventions dans l’espace public, aucune profession ne peut répondre seule à l’ensemble des besoins. L’efficacité des interventions repose autant sur les compétences de chacun et chacune que sur leur capacité à collaborer. Cette coordination se prépare bien avant l’urgence. Elle suppose de connaître les missions des différents partenaires, de clarifier les responsabilités et de développer des pratiques communes, en portant une attention particulière aux personnes les plus vulnérables. C’est dans cette perspective que la HESTS organise sa Journée du travail social 2026 sur le thème « Agir ensemble face à l’urgence – Le rôle du travail social dans les collaborations interprofessionnelles ».

Cinq conférences permettront de découvrir et de confronter différentes expériences de terrain : aide psychologique d’urgence, accompagnement des victimes, interventions conjointes dans l’espace public ou encore dispositifs mobiles réunissant des compétences sociales et sanitaires. L’objectif est aussi de mieux faire connaître la contribution du travail social dans ces dispositifs, aux côtés des professions de la santé, des secours, de la sécurité et de la protection de la population.

Temps fort de la journée, une table ronde consacrée aux catastrophes naturelles réunira notamment Jean-Pierre Lugon, du Centre médico-social de Sierre, Alexandre Briguet, de l’Organisation cantonale valaisanne des secours, Antoine Jacquod, de l’Office cantonal de la protection de la population, et Julia Emprechtinger, de la HESTS. À travers leurs expériences et leurs regards complémentaires, les intervenants aborderont les défis rencontrés sur le terrain, les difficultés de coordination et les enseignements à tirer pour mieux anticiper et gérer les crises futures.

La journée s’ouvrira en présence du conseiller d’État Mathias Reynard et de Nicole Langenegger Roux, directrice de la HESTS. « Lorsqu’une catastrophe survient, il faut évidemment répondre à l’urgence. Mais il faut aussi penser à ce qui vient après : accompagner les personnes, les aider à retrouver leurs repères et reconstruire leur quotidien. Le travail social a un rôle essentiel à jouer, en complémentarité avec les autres professions. Et cette collaboration doit se construire avant que la crise ne survienne », souligne Nicole Langenegger Roux, directrice de la HESTS.

Ouverte aux professionnels et professionnelles du travail social, de la santé, des secours et de la sécurité, ainsi qu’aux collectivités publiques et aux milieux de la formation et de la recherche, cette journée entend favoriser le dialogue entre les disciplines et renforcer les collaborations sur le terrain. Une ambition commune : mieux se connaître aujourd’hui pour mieux agir ensemble demain, au bénéfice des personnes confrontées à des situations de crise.

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